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Le Printemps ou le réveil de l’énergie de création

Le Printemps ou le réveil de l’énergie de création

Youpi ! Le printemps est bel et bien arrivé ! Les jours rallongent, les températures remontent, le soleil se fait moins timide et la végétation se réveille. Nous aussi nous nous sentons transportés par un regain d’énergie, notre humeur change et nous avons soudainement l’envie de faire plein de choses ! Ceci est le résultat de la manifestation de l’énergie de création dont l’apogée est sans conteste à la sortie de l’hiver.

Mais qu’est-ce que cette énergie créatrice ? Comment fonctionne-t-elle et surtout comment la développer ?

1. Brahmâ et Sarasvati, un couple créateur exemplaire

Afin de comprendre le fonctionnement de l’énergie de création, nous pouvons nous appuyer sur la mythologie hindoue.

En Inde et dans la tradition yogique, l’énergie de création est représentée de multiples façons. J’aimerais m’attarder ici sur le couple divin que forment Brahmâ et Sarasvati. Ce binôme correspond à une représentation anthropomorphique de l’énergie primordiale de la création qui émane toujours originellement de la Source.

Brahmâ, dieu créateur (qu’il ne faut pas confondre avec « le Brahman », principe originel du Védanta), fait partie de ce que l’on nomme la Trimūrti. Littéralement, « trois formes », la Trimūrti est la trinité hindoue. Elle regroupe les trois énergies que sont la création, la préservation et la destruction. Ces trois énergies sont représentées par les divinités que sont Brahmâ, Vishnou et Shiva. La Trimūrti est le principe fondateur du monde manifesté. Tout est assujetti à son effet. C’est le principe d’impermanence que l’on appelle « anitya » (et « anicca » en pâli) et qui régit toute chose phénoménale. La Trimūrti nous rappelle le caractère mouvant et éphémère de toute chose.

Au sein de cette triade, Brahmâ représente l’énergie primordiale qui permet aux choses de naître et de se déployer. Il est cette énergie tranquille, voire dormante pourtant toujours présente et disponible. En somme, Brahmâ est « potentiel ».

Si Brahmâ correspond à une énergie sous-jacente, Sarasvati, sa consœur, en est l’expression. En sanskrit l’on dit que Sarasvati est la « shakti » de Brahmâ, ce qui signifie littéralement sa « force », sa « manifestation ». C’est en ce sens qu’on la connaît mieux pour être la déesse de la connaissance, de la musique et des arts, autrement dit de la « poésie », au sens étymologique du terme (*en Grec « poesis » signifie « créer »). Sarasvati est donc la représentation de l’énergie de création appliquée à un domaine.

De ce fait, l’énergie créatrice fonctionne toujours en binôme : d’une part il y a le potentiel inaltérable et d’autre part, son affirmation en diverses manifestations. Pour que la création puisse jaillir, il est nécessaire qu’aucune barrière ne vienne altérer le lien entre ces deux principes divins.

2. Développer sa créativité selon les yogis

Il n’est pas rare d’entendre des choses telles que « Moi ?! Non… Je ne suis absolument pas créatif » ou au contraire « Lui, il est super créatif ! C’est un véritable artiste ! ». Une chose est sûre, la créativité nous fascine depuis la nuit des temps.

Communément, lorsque l’être humain crée quelque chose, il a l’impression que c’est lui qui crée. En outre, il estime que cette création est sortie de lui et qu’il en est même le propriétaire. Selon la philosophie yogique, ceci est une illusion. L’idée selon laquelle la création est sortie de l’être humain est une incompréhension des lois de l’univers. La création est une énergie sans cesse disponible. Elle se passe constamment. L’être n’a aucune influence sur cette énergie de création qui est en amont de l’être lui-même.

Parfois, il arrive qu’à un moment donné l’être humain soit connecté à ce flux. En d’autres termes, ce n’est pas la création qui sort de l’être, mais l’être qui entre et sort du flux créatif.

De ce fait, il est strictement impossible pour quiconque de littéralement « développer » sa créativité. La créativité est un potentiel inaltérable, une source intarissable qui jamais ne diminue et jamais ne croît. De la même façon que nous ne pouvons nous substituer au soleil et briller à sa place, l’être ne peut agir sur la création. Il ne peut que dissiper les nuages qui empêchent l’astre solaire d’être vu. Afin de manifester cette énergie universelle créatrice, l’être ne doit donc pas essayer « de développer » ni « d’augmenter » sa créativité. Il doit plutôt réduire tout ce qui l’empêche de se connecter à ce flux naturel et abondant.

C’est en ce sens que par la pratique des asanas, des pranayamas, des kriyas, de la répétition des mantras et de l’étude des textes pionniers, le yogi rééduque ses sens et son mental pour être attentif aux appels discrets de la Source. Ainsi, au travers de ces méthodes, le yogi s’attache à faire taire la voix du mental et à se purifier. Comme la Bhagavad Gita le mentionne, l’être devient alors « l’instrument du divin ». Dans le langage courant, c’est ce que l’on nomme un être talentueux, un génie

Alexandra JOY

Avril 2021

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