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Les grands enseignements de la Bhagavad Gita 3

Les grands enseignements de la Bhagavad Gita 3

Dans ce troisième opus, nous continuons notre exploration des grands enseignements de la Bhagavad Gita, l’un des textes fondateurs de la philosophie du yoga.

Les articles précédents ont présenté le contexte de la Bhagavad Gita ainsi que les premiers grands enseignements donné à Arjuna par la divinité Krishna.

Après avoir expliqué à son disciple Arjuna les méandres des désirs, la différence entre l’action et l’inaction ainsi que l’importance de se détacher des fruits de son action, Krishna poursuit son enseignement avec trois messages universels.

1.    Bhagavad Gita : fixer son mental sur le divin

Krishna explique à Arjuna que la plus haute pratique yogique consiste « à servir le divin ». Lorsque l’être humain n’est plus attaché aux fruits de ses actions, il s’efforce de devenir « l’instrument du divin ». (Chapitre III sloka 27). En d’autres mots, il s’agit de réaliser que « je ne fais rien, je ne suis pas le faiseur » (Chapitre V sloka 7).

Cette pensée est très importante dans la philosophie du yoga, car elle permet au yogi de cesser de nourrir son ego. En effet, l’ego se nourrit de toutes les actions qui renforcent le « je ».

« Je fais », « je suis l’origine de l’action » sont autant de stratégies qui participent à renforcer l’ego dans son idée de toute-puissance. Or, tant que l’ego reste en première position, le divin demeure voilé. La réalisation du Soi ne peut se faire que dans l’abandon, la reddition, la capitulation du « je ».

Krishna ajoute que le yogi « s’offre dans chacune de ses actions. Toute action doit être accomplie comme une offrande au Seigneur. Tout devient dévotion ». (Chapitre IX sloka 27)

Krishna pousse ses explications un peu plus loin. Il indique à son disciple qu’afin de devenir l’instrument du divin, il est nécessaire de fixer son mental sur le divin : « souviens-toi exclusivement de moi à chaque instant ». (Chapitre VIII slokas 6 et 7)

Le yogi devient alors un « ekhabhakti », littéralement « un adorateur de l’Un ». (Chapitre VII verset 17)

Il est indispensable de fixer son esprit sur le divin et rien que sur le divin. « On atteint le Suprême en l’adorant à l’exclusion de tout autre objet » et « lorsque le mental ne vagabonde plus vers d’autres objets ». (Chapitre VIII slokas 22 et 8)

En outre, il ajoute qu’il « n’est jamais trop tard pour prendre refuge en moi ». (Chapitre IX sloka 30). Peu importe où nous en sommes sur notre chemin de vie, peu importe quelles sont nos actions passées, le Source est toujours disponible pour celui qui le souhaite vraiment.

La tradition du yoga comprend la pensée non pas comme une action en puissance, mais bel et bien comme une action encore plus puissante que la parole ou que l’action physique. La pensée est une action intérieure. Sa puissance est sans commune mesure avec les formes plus externalisées que sont la parole et l’action. Aussi, penser c’est agir sans se confronter à la limite de la matière.

Krishna ajoute « Ceux qui adorent les dieux vont aux dieux. Ceux qui adorent les mânes, vont aux mânes. Ceux qui adorent les divinités vont à ces divinités. Mais mes adorateurs viennent à moi ». (Chapitre IX sloka 25)

Les pensées qui nous animent ont un rôle primordial dans notre destinée. Nous allons vers ce à quoi nous pensons. Nous devenons ce que nous pensons.

2.    Bhagavad Gita : voir l’unité dans la diversité

L’un des enseignements majeurs de la Bhagavad Gita est celui qui consiste à nous rappeler de voir l’unité dans la diversité.

À force de pratiquer le yoga, arrive un jour (merveilleux) où le yogi est capable de voir le divin en tout : « il voit son Soi dans le Soi de tous les êtres » (Chapitre V sloka 7). Arjuna confirme : « dans ton corps ô Dieu, je vois tous les dieux, et les êtres de toute catégorie ».

Le yogi voit l’incarnation du divin dans tous les objets, et ce malgré la forme extérieure que ces objets peuvent revêtir. Il réalise qu’en dépit tous les noms et de toutes les formes, il n’existe qu’une seule Origine qui apparaît sous tous ces noms et toutes ces formes. On nomme cela « visvatomukham », littéralement « celui qui a mille et un visages ». (Chapitre IX sloka 15)

Celui qui voit le divin en tout ne fait plus de différences. Il ne s’attache pas aux distinctions d’ordre superficiel. « Tout est égal ». (Chapitre VI sloka 8) et « il voit tout d’un même œil ». (Chapitre XII sloka 4). Alors « quand un homme voit que la diversité des êtres repose dans l’unique et que la multiplicité vient de lui seul, il devient Brahman ». (Chapitre XIII sloka 30)

Tout est un.

3.    Bhagavad Gita : plusieurs chemins, un seul but

La Bhagavad Gita énumère les différents chemins du yoga. Krishna explique les quatre voies principales du yoga que sont le raja yoga, le jnana yoga, le karma yoga et le bhakti yoga.

En fonction de la personnalité de chacun, il existe une ou plusieurs voies appropriées : « certains contemplent le Soi dans le Soi par le Soi en pratiquant la méditation ; d’autres le font en pratiquant le yoga de la connaissance et d’autres encore en pratiquant le yoga de l’action ; d’autres qui ne savent pas cela adorent le Soi ». (Chapitre XIII verset 24 et 25)

Ainsi, si la méditation est trop difficile, le yogi devrait se tourner vers le service désintéressé, nommé « karma yoga » : « si tu es incapable de fixer ton mental sur moi, si tu es incapable de pratiquer l’effort continu (dhyana, la méditation) concentre-toi sur mon service ». (Chapitre XII verset 10)

Si le yoga de la connaissance (le jnana yoga) est trop conceptuel, le yogi peut se tourner vers le yoga du cœur, le bhakti yoga : « la difficulté pour ceux qui se concentrent sur le non manifesté est plus grande, car avoir comme but le non manifesté est très difficile pour des êtres incarnés ». (Chapitre XII verset 5).

Il est dit que le bhakti yoga, est la voie la plus directe. Chacun peut l’utiliser, il n’y a pas besoin d’être capable de comprendre des textes compliqués, ni de pratiquer d’incroyables asanas, ni même de maintenir une méditation stable, ni même de servir autrui. La dévotion est si puissante qu’elle ouvre une voie directe au divin. Dans le texte, Arjuna voit la forme cosmique de Dieu grâce à son troisième œil : « on ne peut pas voir cette forme (divine, cosmique) grâce à la pratique, ni aux écritures, ni aux dons ni aux sacrifices ; seulement avec la dévotion pure que l’on nomme “bhava” ». « C’est pour cela que cette voie est la plus simple et accessible à tous ». (Chapitre XI)

 

En outre, la Bhagavad Gita transmet un très beau message. Il n’existe pas une seule façon dogmatique d’atteindre le divin. Il existe plusieurs chemins et tous mènent au même but : « mon chemin est tel que les hommes peuvent emprunter différentes voies pour le suivre ». (Chapitre IV verset 11)

 

Alexandra JOY,

Novembre 2021.

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