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Le yoga et la mort

Le yoga et la mort

Le mois de novembre est bien connu pour ses fêtes d’Halloween et de la Toussaint, autrement dit pour les célébrations des morts et donc de la mort.

Le yoga est cette incroyable philosophie de vie, de joie, de vitalité et même du vivant. Pourtant, en filigrane, la mort y est dissimulée partout. En effet, que ce soit dans le rapport à la respiration, dans la vision du monde, dans le but ultime du yoga et même jusque dans les asanas avec « savasana », la posture dite du cadavre, la mort est inextricable du chemin yogique.

Si en occident l’on voit la mort comme quelque chose d’extrêmement redoutable et que l’on passe nos vies à essayer de trouver la très convoitée fontaine de jouvence, dans la tradition du yoga, il n’en est pas ainsi.

Quels sont donc que les rapports qu’entretiennent le yoga et la mort ?

 

1.      Le yoga et la mort : une question de respiration

 

L’un des éléments clefs du rapport du yoga à la mort se trouve dans la façon de mesurer la vie qui s’écoule.

Si nous avons pour habitude de compter la vie en années (et même de célébrer une année supplémentaire par un anniversaire), les yogis, pour leur part, comptent la vie en nombre de respirations.

En effet, le yoga considère que chaque être vivant paraît en ce monde avec un capital fixe de respirations. Une fois ce capital épuisé, il rend son dernier souffle et meurt.

Aussi, dans la pensée yogique, la vie et la mort sont intimement liées au souffle, siège de l’énergie vitale que l’on nomme « prana ».

C’est pourquoi les « pranayamas», littéralement les techniques de contrôle de la respiration, qui incluent le ralentissement et l’allongement du souffle ou encore la rétention sont au centre de la pratique quotidienne du yogi. Compter la vie en nombre de respirations revient tacitement à dire que plus je conserve mon souffle, plus j’allonge mon espérance de vie.

 

2.      Le yoga et la mort : une question d’ici et de maintenant

 

D’un point de vue plus symbolique encore, observer quotidiennement son souffle – et donc la vie qui s’écoule – rappelle au yogi qu’à chaque pas la mort approche. Il s’agit du cycle de la vie, de ce que dans la culture indienne l’on nomme « Trimurti ». Le caractère impermanent des choses du monde se divise en trois phases que sont : la création, le maintien puis la dissolution. Le yogi appartient à ce monde. De ce fait, lui aussi est soumis à ce cycle.

En d’autres termes, dès la naissance, il est certain qu’il n’y a en ce monde rien de certain si ce n’est la certitude selon laquelle tout être qui existe est, un jour, destiné à mourir. La vie implique nécessairement la mort.

De cette réalisation de chaque instant, le yogi tire une profonde et inextinguible joie de vivre. C’est ce qui l’invite à se débarrasser du passé et à laisser futur pour revenir dans le présent, dans ce qu’il nomme l’ici et le maintenant.

 

3.      Le yoga et la mort : une question de réincarnation

 

Dans le yoga, la mort, plus qu’une conclusion, c’est avant tout une question de (re) commencement. Dans la pensée yogique, la mort est la porte d’entrée à une nouvelle vie. Le concept qui change tout dans l’esprit du yogi est simple : il s’agit de la réincarnation.

Pour le yogi, l’âme (ou le Soi, ou Atman) est éternelle. L’âme ne naît pas et, par conséquent, ne peut pas mourir. Afin de se réaliser, elle emprunte un véhicule que l’on nomme « corps ». Lorsque la mort intervient, seul le corps meurt. L’âme, elle, est immortelle.

De la même façon que lorsqu’un vêtement est usé, on le remplace par un autre, lorsque le corps est usé et fatigué, il meurt et il est remplacé par un autre. Un autre corps entre en existence, c’est la naissance.

Si dans nos cultures il est important de rester en vie aussi longtemps que possible, pour le yoga cela ne suffit pas. En effet, les yogis nous indiquent qu’il existe de nombreux êtres dont le corps est biologiquement en vie, mais qui au fond d’eux-mêmes sont complètement morts.

Au contraire, il existe aussi des êtres dont le corps a depuis longtemps disparu, mais qui par le génie et la sagesse dont ils ont recelés, nous habitent toujours et restent vivants au travers des âges.

Aussi, pour les yogis, la vie et la mort ce n’est pas tant une question biologique que d’usage que l’on fait de l’existence.

 

4.      Le yoga et la mort : une question de libération

 

Cette idée de la réincarnation – et donc du corps comme étant un véhicule- participe d’un allègement de la vision de la mort.

Dans nos cultures, la mort fait très peur et reste tabou. Cela s’explique en partie par l’attachement que nos sociétés ont développé à ce corps et à ce mental : deux jalons indispensables à la construction de notre identité. Nous vivons dans une ère où l’individu, l’individualisme, le culte de la personnalité, de la singularité, et de l’originalité sont poussés à leur paroxysme, notamment, au travers de l’apparence physique. Il en résulte que le corps est au centre de nos préoccupations. La détérioration, le déclin ou la fin du corps induit inévitablement une grande anxiété. Autrement dit, lorsque ce corps et cet esprit meurent, l’être meurt.

Pour les yogis dont la tâche quotidienne consiste au contraire à se rappeler que l’être humain n’est ni ce corps ni cet esprit, il n’en va pas ainsi. Intimement, le yogi sait qu’il n’est pas uniquement ce corps ni cet esprit, mais qu’au-delà de cette apparence physique (nécessaire à son intégration et évolution dans ce monde) une essence imputrescible l’anime. Une essence qui est unique et universelle.

En s’identifiant non plus à ce corps périssable, mais à l’essence éternelle, le yogi est capable de conquérir la mort. Dès lors, ce corps physique auquel nous sommes si attachés devient même un fardeau, un carcan qui empêche la liberté totale de l’être et sa réunification avec la Source.

La mort du corps physique n’a alors plus une connotation négative, mais bel et bien positive, car la disparition du corps physique équivaut directement à la libération de l’être.

 

Alexandra JOY

Novembre 2021.

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