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Yoga, des hommes de plus en plus nombreux – Partie 1

Yoga, des hommes de plus en plus nombreux – Partie 1

Il est notable que le yoga en occident est principalement pratiqué par les femmes. Les choses évoluent doucement, notamment en France où l’image du yoga se démocratise, mais cela reste encore marginal si l’on considère qu’entre 70 à 80% des pratiquants sont des femmes. On devrait dire des pratiquantes. Paradoxalement, depuis ses origines, le yoga semble avoir longtemps été l’apanage de figures masculines.

A l’origine du yoga, des figures essentiellement masculines

Qu’il s’agisse des auteurs des grands écrits fondateurs, des grands maîtres du yoga qui en ont dessiné l’histoire contemporaine, on trouvera essentiellement des hommes. Pas n’importe lesquels, puisqu’il était question de figures saintes, des hommes qui renonçaient au monde matériel pour se consacrer pleinement au yoga dans un sens hautement spirituel. Rien ne devait entraver ce chemin spirituel, et surtout pas la tentation, encore une fois incarnée par les femmes comme dans de nombreuses autres traditions religieuses. La culture hindoue et notamment brahmanique qui reste intimement liée à l’histoire du yoga, a, dans toute sa dimension patriarcale, consacré une très faible place aux femmes. Et on en compte il est vrai très peu, dans tout le foisonnement du yoga, rares sont les ascètes et les femmes yogi.
Des sutras de Patanjali aux enseignements de Vivekananda, T. Krishnamacharya, B.K.S. Iyengar, Pattabhi Jois, pour ne citer que les plus connus, le yoga en Inde a donc longtemps semblé une « affaire d’hommes ». Encore aujourd’hui, ceux qui auront fait l’expérience de stages de yoga en Inde, attesteront que leurs professeurs étaient majoritairement des hommes.
Évidemment, quelques femmes marquantes ont rejoint cette constellation. On citera notamment Eugenia Peterson, devenue en Inde, Indra Devi. Son histoire vient cependant encore confirmer combien la place des femmes fut difficile à conquérir. En effet, après avoir découvert l’Inde auprès de Krishnamurti, elle voulut suivre les enseignements de Krishnamacharya. Ce qui lui fut refusé en raison de son sexe, et il lui fallut prouver qu’elle pouvait se résoudre à un régime sattvique strict, comme l’exigeait Krishnamacharya, pour gagner « les bonnes grâces du maitre ».

Occidentalisation et féminisation du yoga

Il n’est pas anodin néanmoins de citer Indra Devi, car en introduisant à la fin des années 40, le yoga auprès des stars hollywoodiennes telles que Marylin Monroe, Elisabeth Arden, Greta Garbo, ou encore Gloria Swanson, elle a participé probablement de la popularisation et de la féminisation du yoga au cours d’un XXème siècle. L’occidentalisation de la pratique va engendrer une mutation profonde dans l’approche du yoga. Sans effacer complètement sa dimension spirituelle qui a participé de son essor notamment dans les années 60-70, accompagnant les mutations d’une société désireuse de s’approprier de nouvelles formes de spiritualité et qui aura vu notamment la naissance des mouvements hippies, New Age, en particulier aux USA, on constate que le yoga a vu sa « dimension physique » peu à peu s’en dissocier. Et l’image du yoga en tant que gymnastique douce essentiellement pratiquée par des femmes   en recherche d’une activité « bien-être » s’est doucement imposée dans les faits et dans l’imaginaire collectif.
Le yoga prénatal -Paris ou posnatal, la méthode de Gasquet, ou bien encore le « yoga au féminin » en plein essor, renforcent il est vrai l’idée que le yoga serait une activité avant tout féminine. « Contraction du Périnée, ouverture des hanches, souplesse » font souvent penser aux hommes que cette activité n’est pas faite pour eux. C’est vite oublier que le yoga recouvre de nombreuses variations, qu’il a été conçu par des hommes pour des hommes.
Aujourd’hui, certes le yoga continue d’être promu avec sa coque spirituelle, parfois à des fins marketing, comme les « bouddhas » complètement décontextualisés qu’on trouve à l’entrée de certaines salles de yoga se parant d’une représentation exotique dans une sorte de jeu malin d’appropriation culturelle, parfois plus sincèrement, pour répondre à une quête de sens qui semble de plus en plus prononcée dans la génération des milleniums. Inquiétudes environnementales, conscience de la globalité du monde, de notre place dans l’univers, de la nécessité de changer de paradigme, retour à la terre, au bio, au durable, à l’équitable, au « prendre soin de soi », offrent il est vrai au yoga une véritable opportunité pour se développer.
Car le yoga fait des émules en s’appuyant sur quelque chose d’essentiel, la respiration. Et apprendre à respirer va de pair avec un monde où l’air sera plus respirable. Respirer, cela permet aussi pour reprendre un terme souvent usité, « accueillir », accueillir l’instant, prendre le temps, rompre avec les rythmes effrénés de nos vies quotidiennes. Mais aussi soigner son alimentation, se débarrasser des toxines, voire jeûner.
Ces thématiques et préoccupations ne sont pas l’apanage des femmes évidemment et sans doute assisterons nous par ce biais à une adoption du yoga par les hommes.
Le public du yoga-paris, principalement féminin, n’est pas un public féministe. En tout cas ce n’est pas ce que les représentations du yoga sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, véhiculent. Avec leur concours de postures, leurs lignes corporelles calibrées, les mensurations des yogis sur internet respectent une certaine « norme minceur » en mode fitness. Et ce ne sont pas les stars de cinéma, de la chanson, du journalisme, de la mode ou du mannequinat qui revendiquent dans la presse people la pratique du yoga qui vont insuffler un vent contraire. Certes, le yoga invite à la réappropriation du corps mais il ne semble pas supposer pour autant l’émancipation du corps par rapport aux représentations de « l’idéal corporel » que véhicule l’iconographie 2.0 du yoga. C’est peut-être une critique à lui faire, car le yoga doit pouvoir s’adresser à tous les publics. Mais à ce jeu des représentations « fitness » et « dans le vent » du yoga, on voit de plus en plus d’hommes aussi sur les réseaux sociaux et cela amorce sans doute le début d’une adhésion croissante de ces derniers au yoga.

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