Pour toutes questions, contactez-nous ou appelez-nous au 06 50 17 52 67

Rien n’est impossible à celui qui pratique régulièrement la concentration

Rien n’est impossible à celui qui pratique régulièrement la concentration

Pour trouver la paix mentale, la méditation est la voie royale.
Que nous la pratiquions ou non, nous avons tous conscience de cette évidence, et nul besoin de faire la promotion d’une pratique millénaire déjà testée et approuvée par des milliers d’âmes en quête de sérénité.

Mais si les mérites de la méditation sont incontestés, elle est également très souvent perçue comme inaccessible, car trop éloignée de nos possibilités. Considérée comme un Graal réservé à quelques initiés, elle reste encore, malgré ses bénéfices inégalés, assez peu pratiquée dans la durée.

Pourquoi un tel constat ? Méditer est-il vraiment si difficile ?

À vrai dire… oui ! Mais qui dit difficile ne dit pas inaccessible, et encore moins impossible !

À condition de ne pas brûler les étapes, et d’accepter d’avancer pas à pas, lentement mais sûrement.

La méditation est un véritable processus, au cours duquel nous passons par différents stades, et rencontrons toute une série d’obstacles.

Mais à travers les temps, des méditants aussi avancés que bienveillants nous ont laissé de véritables feuilles de route, pour non seulement nous faciliter la tâche, mais surtout nous rappeler que la destination finale vaut vraiment la peine de se mettre au travail !

D’ailleurs, constater l’ampleur de la tâche fait partie de la première étape, et se décourager est à n’en pas douter l’un des premiers obstacles rencontrés ! Arrive alors l’un des tous premiers conseils, celui de se tourner vers un pratiquant qui saura nous guider.

Pour utiliser les termes actuels, l’idéal serait que tout ceci se passe en présentiel, avec un enseignant bien vivant et bien réel. Mais la sagesse ne se laissant freiner ni par la distance, ni par le temps, il est également possible de se faire orienter par des écrits millénaires, qui n’ont rien perdu de leur vérité.

Parmi ces précieuses feuilles de route qui circulent à travers les âges, la plus connue et la plus répandue dans le monde des yogis est celle du grand sage Patanjali. Dans ses fameux « Yoga sutras », écrits il y a environ 2000 ans, celui-ci nous offre une synthèse du Raja Yoga, l’une des quatre voies du Yoga.

Pour reprendre les termes du livre « Le Yoga de la méditation » du Centre de Yoga Sivananda, « le Raja Yoga est un système qui cherche à discipliner le mental, le corps et les sens afin de les contrôler parfaitement. Tirées d’une sagesse ancestrale, ses intuitions pénétrantes et sa finesse psychologique guident l’individu pas à pas à travers de grands changements.

Cette voie consiste en huit étapes : les yamas (abstentions ou restrictions), les niyamas (observances), les asanas (postures), le pranayama (contrôle de la respiration), pratyahara (retrait des sens), dharana (concentration), dhyana (méditation) pour parvenir finalement au samadhi (état supra-conscient).

Les yamas et niyamas purifient et élèvent l’esprit. Les asanas et le pranayama renforcent le corps et aident à contrôler le mental. La pratique de pratyahara permet de réfréner le caractère extraverti du mental et conserve l’énergie. Dharana amène le calme du mental, dhyana la paix intérieure (la méditation), et le samadhi amène à la conscience transcendantale ou supra-conscience. »

Ces huit étapes, appelées « Ashtanga » en sanskrit (ashta = huit, anga = étapes, branches), sont de véritables piliers pour les yogis et constituent une feuille de route à la portée de tous.

Arrivant en 7ème position de ce chemin de transformation, la méditation (dhyana), se situe juste après la concentration (dharana), et juste avant l’état d’éveil (samadhi).

Nous ne nous attarderons pas ici sur l’état de samadhi, mais nous concentrerons sur dharana, dont l’importance est capitale pour parvenir à la paix mentale.

Les yogis sont catégoriques à ce sujet : si le mental n’est pas concentré, il est illusoire de s’imaginer pouvoir méditer. La méditation est un état au-delà de la concentration, qui ne peut être atteint qu’une fois que l’esprit est parfaitement concentré.

« La méditation, lit-on encore dans « Le Yoga de la méditation », est un état de conscience et est en tant que tel difficile à décrire. Les grands rishis, les sages de l’Inde, comparent l’état du mental dans la méditation à de l’huile qui coule d’un récipient à un autre en un filet ininterrompu. Il y a mouvement, mais c’est le mouvement du flux de conscience naturel, sans les interruptions dues aux pensées et aux désirs qui encombrent d’habitude notre mental (…).

On ne peut pas enseigner la méditation, de même qu’on ne peut pas enseigner le sommeil (…). Personne n’a le pouvoir de forcer le sommeil à venir. Il nous prend soudain, voilà tout. De la même façon, la méditation vient d’elle-même, mais seulement lorsque le mental est calme (…).

Une fois que nous avons appris à concentrer l’esprit pour un certain temps, à apaiser les vagues de pensées, les conditions seront réunies et l’état méditatif viendra sans effort (…).

Les sages insistent beaucoup sur le fait que la pratique de la concentration est un pré-requis essentiel à la pratique de la méditation (…). »

Et pour nous donner encore plus de motivation, ils rajoutent que « la pratique de la concentration renforce les courants de pensée, clarifie les idées, et énergise l’esprit. Des pensées qui étaient auparavant vagues et brumeuses deviennent claires et nettes. Ce qui était difficile, complexe et déroutant devient facile à comprendre. La capacité de travail augmente, ainsi que l’efficacité et la rapidité. La concentration renforce la volonté et apporte la sérénité et la perspicacité, la force de persuasion, le pouvoir d’influencer les autres positivement, la joie et une voix plus douce. »

Avant d’explorer la façon dont les yogis parviennent à se concentrer, commençons par définir un peu plus clairement dharana, le terme sanskrit qui définit cet état.

Dans le premier verset du chapitre 3 des « Yoga Sutras », Patanjali explique très simplement que dharana est la fixation du mental sur un objet.

À ce stade de notre réflexion, il est bon de préciser qu’il y a souvent une confusion entre dhyana et dharana, entre méditation et concentration.

À vrai dire, beaucoup croient méditer alors que leur pratique se rapproche plus de la concentration. Ainsi, se concentrer sur sa respiration, sur un son, ou sur tout autre objet externe ou interne n’est pas méditer mais… se concentrer !

Lorsque nous serons capables de stabiliser notre attention suffisamment longtemps, alors seulement, peut-être, de dharana nous glisserons vers dhyana.

Mais, comme le sommeil, la méditation ne se contrôle pas. Elle se prépare grâce à la pratique de la concentration, de la même façon que l’on prépare notre entrée dans le sommeil en créant le cadre et le ralentissement propice à l’endormissement.

Ainsi, nous l’avons désormais bien compris, pour parvenir à l’état de méditation, c’est sur la concentration qu’il faut travailler. Dhyana, elle, ne se travaille pas… on tombe simplement dans ses bras !

Pour comprendre tout cela, prenons l’exemple d’une pratique yoguique de concentration : la répétition d’un mantra. Avec son mala, un collier de 108 perles, le yogi touche chaque perle en répétant mentalement son mantra. Au début, entre chaque toucher, il observe le désir habituel de son mental de quitter la pratique pour poursuivre une autre pensée, un souvenir, une émotion, et devra faire un effort pour le ramener au mantra. Mais avec une pratique continue, la durée de la concentration durera deux perles, puis trois, puis le mantra commencera à couler sans effort, dans ce flot continue que nous comparions plus haut à de l’huile.

À ce moment précis, sans contrôler quoique ce soit, nous entrons dans dhyana.

La concentration prolongée mène immanquablement à la méditation, c’est pourquoi il est essentiel de pratiquer avec constance et patience !

Si la concentration peut se pratiquer au quotidien, en effectuant n’importe quelle action avec vigilance et attention, elle peut également se pratiquer sous la forme d’exercices bien spécifiques.

Nous avons évoqué la pratique de la concentration sur un mantra, mais dharana peut également consister à se concentrer sur une fleur, un son, une lecture, un symbole, un chakra… le tout étant de choisir un objet qui élève le mental.

Parmi toutes les pratiques proposées, Tratak remporterait assez facilement la palme de la pratique de concentration la plus appréciée des yogis, qu’ils soient débutants ou avancés.

Dans le verset 31 du deuxième chapitre du « Hatha Yoga Pradipika », le Yogi Svatmarama explique que cette technique consiste à « fixer le regard (sans ciller) sur un très petit objet, en restant concentré, jusqu’à ce que les larmes commencent à couler »

Dans « Le Yoga, guide complet et progressif » écrit par les Centres Sivananda, la méthode de Tratak est un peu plus détaillée :

« Cela comprend alternativement : regarder un point ou un objet, fixement, sans cligner des yeux, puis fermer les yeux et visualiser mentalement l’objet. Cette pratique stabilise le mental agité et vous fait concentrer l’attention avec une précision parfaite.

Le mouvement des yeux est toujours suivi par le mental, si bien que si vous fixez votre regard sur un point unique, le mental aussi se concentre sur ce point. Destiné initialement à fortifier votre pouvoir de concentration et à purifier le mental, Tratak améliore également la vue et stimule le cerveau par l’intermédiaire du nerf optique. C’est l’un des six exercices de purification appelé « Kriyas ».

Tratak se pratique sur n’importe quel objet de concentration, mais le plus souvent, c’est Jyoti Tratak qui est pratiqué, la fixation du regard sur la flamme d’une bougie. Cette pratique est très agréable, et la lumière de la flamme élève rapidement le mental.

Dans « le Yoga de la Méditation », elle est résumée en ces termes :

« Placez une bougie au niveau des yeux, éloignée d’environ la longueur de votre bras. La pièce dans laquelle vous pratiquez cet exercice doit être sombre, et sans courants d’air de façon à ce que la flamme ne vacille pas.

Détendez votre corps et votre mental. Commencez par égaliser votre respiration pendant une ou deux minutes. Puis concentrez-vous sur la flamme les yeux ouverts pendant une minute. Clignez des yeux aussi peu que possible. Après une minute, ou même moins, vous aurez peut-être les yeux plein de larmes. Continuez à regarder la flamme sans fatiguer vos yeux. Chaque fois que le mental s’échappe, ramenez-le à la flamme.

Puis fermez vos yeux, détendez les muscles des yeux et visualisez doucement la flamme au niveau du front, entre les sourcils, pendant autant de temps que vous l’avez regardée. Pratiquez l’exercice pour une minute seulement le premier jour, en augmentant progressivement la durée chaque semaine.

Jyoti Tratak, en plus de développer la concentration, stimule les centres nerveux et renforce les yeux. Ses effets se font ressentir dès la première fois, ce qui est très encourageant pour un débutant.

Et pour vous donner encore plus de motivation à pratiquer dharana, sous quelque forme que ce soit, nous terminerons ici cet article par une phrase de Swami Sivananda :

« Rien n’est impossible à celui qui pratique régulièrement la concentration ».

Namasté !

À lire aussi
Les vacances d’été approchent ! Les congés sont souvent synonymes d’escapades et de moments de détente où l’on déconnecte et on lâche prise. C’est aussi la période de l’année où de nombreux studios de yoga ferment leurs portes. Or, il est parfois difficile de pratiquer seul lorsqu’on débute le yoga, sans professeur pour nous ajuster....
Le yoga postural mobilise et renforce les muscles profonds. Les pratiques de yoga dynamique qui impliquent un flow font travailler le cardio et les pratiques intenses de yoga postural travaillent l’endurance. Il suffit en effet d’avoir une pratique de yoga régulière pour se rendre compte de l’évolution de notre force et de la puissance de...

Ne ratez plus aucun article !

Inscrivez-vous à notre newsletter pour être informé par email dès la parution d’un nouvel article sur le blog

Laissez votre commentaire.

Inscription à la newsletter YAY