• Alexandra JOY

À la découverte de l’Advaïta Vedanta 2/4

Le fonctionnement du mental, la formation de l’ego et l’illusion cosmique


Dans le premier volet consacré à l’Advaita Védanta, nous avons évoqué ses origines ainsi que les principes fondateurs de cette philosophie non-dualiste tels que le Brahman ou la Conscience Universelle, l’Atman ou la Conscience Individuelle et le Jiva ou l’être humain.

Dans cet épisode, je vous emmène à la découverte du fonctionnement du mental et des pensées, de l’identification et de la formation de l’ego, de la confusion originelle et de l’illusion cosmique.


Le mental ou le fonctionnement d’un outil

Dès lors que l’être humain a commencé à exister en tant que tel, il a été doté d’une enveloppe corporelle, d’organes sensoriels et d’un mental.

L’enveloppe corporelle, que l’on appelle « rupa » contient trois différents corps : que sont le corps physique que l’on nomme « stula sharira », le corps astral que l’on nomme « sukshma sharira » et le corps causal que l’on nomme « karana sharira ». Au sein du corps astral, qui contient trois enveloppes, existe un outil que l’on nomme « ahamkara ». C’est le mental.

À l’origine, le mental est un instrument. Le rôle principal de cet instrument est de produire des pensées, que l’on appelle « vrittis », littéralement « vagues ». Ces modifications de l’esprit apparaissent sous différentes formes telles que raisonnement, imagination, émotions, décisions, questions, concepts, souvenirs. Ces « vagues » sont produites en réponse aux stimuli des organes sensoriels, et ce, dans le but de permettre à l’individu d’appréhender le monde.

À l’instar du Brahman, le mental possède également des qualités. Les attributs du mental sont diamétralement opposés à ceux du Brahman. Tandis que le Brahman est non-duel, éternel, immobile, permanent, illimité et sans parties, le mental, lui, fonctionne uniquement dans le temps et l’espace. En outre il est mouvant, impermanent et limité.

Identification ou la formation de l’ego

Au début, l’être humain était encore connecté au Brahman et, par conséquent, conscient de sa nature illimitée. Le mental n’était pour lui qu’un simple outil.

Puis, il se produisit une confusion. Le mental oublia qu’il n’était qu’un objet et commença à se considérer comme le sujet. L’être humain se mit à s’identifier au corps et au mental.

Le « Je », qui n’était jusqu’alors qu’un « pur je » identifié au Brahman (et par conséquent à l’éternel, l’immortel et au complet) est désormais identifié au mental (et donc à ce qui, par nature, est limité, impermanent, périssable et incomplet).

De cette identification erronée est née l’idée selon laquelle :

« je suis ce corps, je suis ce mental » ainsi que l’attachement au « je ».

C’est la naissance de l’ego.

La Maya ou l’illusion cosmique

L’attachement au « je » en tant que corps et mental provient de la Maya. La Maya correspond au pouvoir illusoire du Brahman. Le pouvoir divin de la Maya est double. D’une part la Maya cache à l’être humain la présence du Brahman, si bien qu’il ignore sa vraie nature et, d’autre part, elle présente le monde matériel comme étant la réalité.

Cette illusion cosmique consiste à faire croire à l’être humain

que sa vraie nature est ce corps et ce mental,

que le monde phénoménal est la Vérité,

que ce qui est impermanent est primordial.

Adhyasa ou la superimposition

La conséquence du double pouvoir de la Maya correspond au processus de superimposition appelé « adhyasa ».

La superimposition consiste à confondre une chose avec une autre. Elle reflète le mental qui attribue à tort et accole à un objet des attributs qui appartiennent à un autre. C’est ce que l’on nomme l’ignorance. De cette façon, l’être humain qui croit fermement que sa nature est le mental s’approprie les attributs naturels du mental. Il s’identifie au Soi empirique et se dissocie de la Conscience Universelle. Par conséquent, l’être humain se considère comme une entité limitée dans l’espace et dans le temps et séparée du Brahman et d’autrui. Il en résulte que l’être s’accole problèmes, joies, peines, peurs qui, en réalité, n’appartiennent qu’au corps et au mental. C’est l’avènement de la souffrance.

Suite le mois prochain dans l’article : À la découverte de l’Advaïta Vedanta 3/4 – le désir, la souffrance, le but de la vie et la libération.

Août 2020, Alexandra JOY.

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