Mieux comprendre le yoga grâce aux textes fondateurs : Les Upanishads Partie 2


Dans notre premier article consacré aux Upanishads, nous les avions situées dans le Veda et avions tenté d’en définir le principe général. En résumé c’est une connexion entre les « Êtres » et les « Choses », le « soleil » et le « feu » par exemple. Le Sujet et l’Univers unissent le « Brahman » et « l’âtman » qui constituent l’axe central de la philosophie indienne.

Explorons un peu plus loin ses fondements philosophiques.

Le cœur des Upanishads repose sur l’hypothèse d’une Unité de tout. Comprendre là : il y a un être « Un » qui enveloppe toute réalité. Et ce « Un » est intérieur à cette réalité. C’est ce qu’on appelle le brahman, le « Un » qui est au principe de tout. Selon Ralph Stehly, Professeur d'histoire des religions à l’Université de Strasbourg,c'est « l'Absolu » qui n'est pas conçu sous la forme d'une personne, c'est l'énergie divine infinie qui crée, préserve et résorbe en lui tout l'univers (à la fin de la période cosmique), et qui se présente à nous de manière dégradée, matérialisée dans toutes les créatures, quelles qu'elles soient.

Or, à l’intérieur de l’être humain, ce brahman existe. On le nomme âtman, qu’on traduit par « Soi ».

Par l’intériorisation, le brahman habite dans l’être humain donc pour l’atteindre, il faut se retourner sur « Soi ». La notion d’âtman renvoie donc au « Soi ». Étymologiquement, âtman, signifie aussi, respirer. On pourrait le définir comme l’âme qui est animée par un souffle.

Les sages des Upanishads reviennent sans cesse sur le fait qu’en chacun de nous il y a un « Soi », et en même temps ce « Soi » est identique au « brahman cosmique » et impersonnel. L’âtman et le brahman ne sont pas soumis aux limitations individuelles.

Mais apparaît à cet endroit une nouvelle subtilité : le « Soi » n’est pas le « Moi ».

Le « Soi », est à mettre en perspective avec le « Moi ». Le « Moi » c’est tout ce qui nous construit, qu’on accumule et qui détermine notre personnalité, nos pensées, nos émotions, nos désirs, nos volontés, les sensations, les opérations mentales qui nous forment et font nos différences. Il ne s’agit pas de nier le « Moi », mais d’admettre qu’il y a une réalité plus profonde qui est le « Soi ».


Le « Moi » n’est pas à négliger. En effet, la notion du corps est très importante dans la religion védique qui valorise le geste rituel. Les aspects sonores et visuels, les sens, qui passent par le corps sont essentiels. Ils participent à l’expression liturgique car ils génèrent des émotions positives. Cependant et dans un même temps (pas facile à saisir), le corps et les sens qui lui sont associés sont perçus comme une limitation.

Les sages des Upanishads réfléchissent beaucoup à la question des sens et de la Connaissance sensible. Les sens font partie de la Sagesse. Ils valorisent donc fortement le corps tout en ayant conscience du caractère mortel du corps et de ses limites, ils ont conscience du contrôle qu’il faut exercer. Le corps manifeste en permanence l’expression des désirs (désir de vivre, de conservation, de nourriture, désir sexuel). On ne peut pas nier cette expression des désirs. Les enseignements du corps sont donc pleinement intégrés dans la philosophie védique et hindoue pour parvenir à les contrôler. De l’importance du yoga. L’ascèse prend notamment une dimension essentielle. Se tenir assis immobile permet par exemple d’atteindre la pacification du mental. Les sages développent des enseignements sur la respiration, la concentration, la méditation. Les actions ascétiques permettent ainsi d’atteindre la pacification du corps par la pacification du mental.

Ce qu’on comprend finalement assez vite quand on a déjà une pratique régulière du yoga-Paris.

Les postures (asana) qui nous invitent à la méditation, la concentration, l’écoute de notre propre souffle, nous calment, nous unissent littéralement, pouvant nous laisser entrevoir ce que sous-tend ce rapport entre le « Moi » et le « Soi » sans qu’il soit nécessaire de se réfugier dans une quête mystique ou une approche religieuse, sinon au sens cosmique du terme.


Comment faire le parallèle entre le yoga et les Upanishads ?


Les énergies du corps, les écoles de spiritualité qui se développent avec les sages des Upanishads. Pour devenir un sage il faut connaitre ses émotions et e les contrôler pour permettre au Soi d’être présent. Pour arriver à cet état de calme, il faut pratiquer le yoga.

Les traités du yoga comme les Sutras de Patanjali dont nous avons déjà parlé se sont sans doute inspirés des Upanishads.

Les maitres enseignaient le yoga via une tradition orale qui n’a pas laissé de traces écrites du yoga.

Dans plusieurs Upanishads, on trouve l’idée selon laquelle « là où va ou le souffle la conscience va ». La question du contrôle de la respiration, du pranayama, du souffle de vie est au cœur de la discipline du yoga.

Toute personne qui fait du yoga fait cette expérience. La respiration calme, contrôlée, a une influence sur notre mental et sur la pacification de nos émotions.

Revenons dans cette perspective, à cette correspondance entre l’âtman et le Brahman. Ce que nous percevons des choses et des personnes dans l'expérience quotidienne, c'est leur enveloppe extérieure, et non leur noyau intime. Selon Ralph Stehly toujours, « le fait que les objets et les personnes ne nous apparaissent pas spontanément dans leur être profond, central, dans leur âtman est le résultat de la mâyâ. La mâyâ est la puissance d'illusion qui fait que nous n'allons généralement pas au-delà des informations brutes qui nous sont livrées par les sens et que nous croyons représenter toute la réalité, alors qu'elles ne représentent que la surface de la réalité, et non leur noyau central, leur âtman. Le Brahman et l'âtman sont en dernière analyse inconnaissable, mais nous pouvons néanmoins laisser l'âtman advenir en nous, en faisant silence en nous-mêmes grâce aux exercices de yoga. »


Les Upanishads sont également, sinon ce serait trop simple, une des sources de la Bhakti.

La difficulté c’est que l’ « Absolu Brahman » est difficile à percevoir, à envisager. Et le chemin qui nous conduit vers cette perception est le chemin de la Bhakti, un yoga de la dévotion, de l’Amour. La Bhakti peut être définie comme le sentiment d’Amour qui peut relier l’humain et la divinité. Et pour créer cet état d’amour constant chez le Yogi, le chemin de la Bhakti préconise justement l’abandon de « Soi ». On s’empare alors d’une divinité ou de divinités pour donner une forme à l’Absolu, et on utilise cette forme comme porte vers la non-forme. Les maitres des Upanishads nous invitent à nous intérioriser pour découvrir l’âtman qui est identique au Brahman, l’intérieur et l’extérieur sont dans une parfaite Unité qui ne suppose pas nécessairement l’Amour.

Mais on est partie prenante du « Un », et chacun faisant partie du tout, il y a une relation d’amour qui se crée.


Revenons à l’histoire du feu dont nous parlions dans notre précédent article. Au centre de nous-même, il y a un feu, et dans ce feu intérieur on doit jeter nos désirs, nos émotions excessives, notre respiration pour accéder au calme intérieur et à la libération des désirs (l’abandon de « Soi »). On parle de faire le sacrifice intérieur. Et ce sacrifice intérieur peut être accompli en visualisant une divinité auquel nous sommes réunis par une relation d’Amour.


Comprendre, et c’est en cela que cela résonne aujourd’hui, qu’il s’agit de se débarrasser de ce qui nuit à notre bonheur, qui nous empêche d’être heureux, qui perturbe et envahit notre mental. Que la dimension religieuse ne fasse pas partie de notre pratique du yoga-Paris, ne doit pas nous faire oublier que cette quête de sens qui nous invite à nous unifier, à créer une identité entre l’âtman et le Brahman, est sous-jacente à chaque posture du yoga. Cette discipline est donc avant tout un chemin d’introspection conduisant au Brahman et donc à la libération de la souffrance intérieure. Tout yogi investi introduit rapidement cette dimension, mais le yoga est un chemin que chacun emprunte comme il veut. Le fait de savoir que derrière cette pratique il y a toute cette portée philosophique et spirituelle, pouvant en soi, suffire à l’aborder en conscience.

Un art de vivre.


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