Les mudras, le yoga au bout des doigts

Une mudra signifie « sceau », « symbole » en sanskrit. Les mudras recouvrent une multitude de sens.




Les mudras

Une mudra signifie « sceau », « symbole » en sanskrit. Les mudras recouvrent une multitude de sens. Cela peut désigner un geste, une posture mystique des mains, un sceau ou encore un symbole. Notons que certains en parlent au masculin mais qu’en sanskrit ce mot serait féminin, c’est du moins l’opinion du Larousse et de certains spécialistes, ne vous étonnez pas de le voir au masculin ou d’entendre un enseignant en parler au masculin. Etymologiquement « Mud » signifie plaisir et « dra » tirer en avant. Le geste a une dimension symbolique ou rituelle dans l’hindouisme comme dans le bouddhisme. On parle de geste spirituel ou de sceau d’authenticité.

Certaines mudras convoquent le corps entier mais la plupart sont effectuées avec les mains et les doigts. Il existe, nous l’avions évoqué dans notre article consacré aux bandhas, aussi des mouvements d'yeux, des attitudes corporelles et des techniques respiratoires qui sont appelés mudras. On compte ainsi cinq catégories : les mudras des mains (Hasta); les mudras de la tête concernant les yeux, la langue, les oreilles et les lèvres (Manas); les mudra posturaux (Kaya); les mudras de compression interne ou de verrouillage énergétique (Bandha); les mudras dans la région du périnée (Adhara).

Les mudras sont donc des postions physiques, parfois statiques, focalisées sur des zones particulières du corps qui bloquent le flot de nos énergies internes et qui entrainent des flux énergétiques dans la direction opposée. Ce sont des gestes ou des attitudes qui ont pour objectif de « sceller » les courants d’énergie à l’intérieur du corps.

L’origine des mudras remonte à la culture védique et date donc d’il y a plus de 3000 ans. Elles sont considérées comme de hautes pratiques du Yoga. Pendant des milliers d’années ces pratiques étaient transmises uniquement de guru à disciple ou par le biais des textes sanskrits rédigés par les anciens rishis (prophètes et yogis). Les premières mudras ont été en l’occurrence décrites dans la Gheranda Samhita, un des textes fondateurs du Hatha Yoga.

Les mudras combinées avec certaines postures ont le pouvoir d’agir sur les chakras et d’éveiller la kundalini. Des postures qui ont en effet la particularité de proposer des actions très efficaces sur le contrôle des énergies vitales du pratiquant et sur lesprocessus d’éveil de la pleine conscience (kundalini). On rencontre les mudras dans de nombreuses disciplines et pas uniquement dans le yoga. On citera les danses sacrées indiennes, les arts martiaux.

Elles étaient reliées initialement aux pratiques spirituelles ou à des rites chamaniques et symbolisaient la manifestation divine ou servaient à invoquer les divinités. Elles sont d’ailleurs très présentes dans l’iconographie. Les mudras ont pour effet d’unir les trois corps, physique, mental et pranique. Dans le yoga tantrique les mudras sont des techniques particulièrement importantes, elles permettent de créer dans le jeu de l'énergie des passages vers des états de conscience non ordinaires.

Il existe une multitude de mudras et particulièrement parmi les mudras des mains auquel nous consacrons un chapitre mais il ne sera pas possible bien entendu de les aborder toutes. Notre choix est donc arbitraire même si les mudras les plus courantes ont été décrites.


Quelques mudras dans le détail

Asvhini Mudra, appelé geste de la jument, c’est la préparation à l’exécution de Mula-Bandha. En position assise ou allongée, cela consiste en une contraction du sphincter anal pour préparer au Mula Bandha qui consiste en un verrouillage du plancher pelvien pour rediriger le flux énergétique. C’est une mudra importante et nous vous invitons à lire ou à relire notre article sur les bandhas pour saisir en quoi elle est reliée aux verrouillages énergétiques.


Viparitakarani Mudra (le geste de l’action inversée) inclut toutes les postures inversées où la tête est en bas et le bassin en l’air. On nommera Shirshasana (la posture sur la tête); Sarvangasana (la chandelle) ou Halasana (la charrue). Si on parle de geste de l’action inversée, c’est qu’on inverse le flux solaire vers le haut et le flux lunaire vers le bas. Selon les textes anciens ces postures ralentiraient le processus du vieillissement. Cette position vers le bas tend à favoriser une plus forte irrigation de la zone de la tête. De façon concomitante elles soulagent les membres inférieurs de la pression artérielle et facilitent le retour veineux mais également les organes de l’abdomen qui se retrouvent aussi en position inversée. Fortement relaxantes, elles agissent sur l’ensemble du système nerveux central mais de manière plus générale elles garantissent de profondes modifications du métabolisme.Rythme cardiaque ralenti, respiration plus douce, cela diminue l’activité mentale et favorise un sommeil plus apaisé.


Shambhavi Mudra (les gestes de la déesse Shabhavi), est une des principales techniques de méditation du Hatha-Yoga. Tout repose sur la fixité du regard qui permet de sceller non seulement la posture mais également l’esprit. Pour comprendre ce qui se passe il faut saisir que notre attention se tourne à l’intérieur tandis que le regard se tourne vers l’extérieur. L’objectif est de se débarrasser des pensées parasites et de tendre vers un plus haut niveau de concentration. Là encore, le sanskrit nous donne une explication puisque Shambu signifie « demeure de joie » en sanskrit, et que c’est l’un des 108 noms de Shiva. A travers ce geste du bonheur il nous serait permis de voir la lumière de Shiva. La fixité du regard doit faire en sorte que nos yeux convergent vers un point le plus haut possible qui se situerait à l’intérieur du crâne. Cette mudra est assez complexe et requiert concentration et volonté. D’un point de vue spirituel, ce geste fait apparaître la lumière intérieure ce qui se traduit plus trivialement par un calme accru, une stabilisation des émotions et un stress réduit. Mais cela a aussi un effet sur le plan physique puisque cela fortifie les muscles des yeux et peut améliorer la vue.


Nasikagra Drishti Mudra ou Agokari Mudra signifie l’attitude inconnue. Cette mudra a des effets proches de la précédente. Elle consiste à pointer les yeux mi-clos sur la pointe du nez. Là encore c’est une technique de Hatha-Yoga -Paris qui provoquerait l’éveil de la kundalini. Ces deux mudras sont cependant à pratiquer doucement pour ne pas fatiguer excessivement les muscles des globes oculaires.


Les mudras de la langue dont les trois principales, Khechari Mudra, Jhiva bandha, Kaki Mudra, consistent en des mouvements de la langue tantôt retournée à l’intérieur de la bouche afin qu’elle touche la partie molle du palais et que sa pointe soit recourbée pour toucher l’espace, tantôt en appui sur le palais avec sa pointe vers la racine des dents du haut ou entre les dents, tantôt sous la forme d’un tuyau

allongé, qu’elle soit à l’intérieur de la bouche ou sortie.

Ces gestes auraient la vertu et en particulier pour le Khechari Mudra de stimuler les endorphines.

Notons cependant que cette pratique a une très forte dimension spirituelle. D’ailleurs le mot Khechari signifie rester dans le vide. Des yogis très expérimentés parviendraient à retourner suffisamment leur langue pour atteindre le fosses nasales et de s’approcher de la glande pituitaire. En plaçant ainsi sa langue, le yogi recueille le soma, ce nectar divin précieux liquide d’immortalité (amrita). Dans le yoga tantrique la langue est vue comme étant directement reliée à l'énergie sexuelle et donc à l'énergie vitale. L’enfant apprend de façon innée à jouer avec sa langue et la langue dans l’amour joue un rôle de contact particulièrement important. Mais la langue c’est aussi la parole et elle est donc reliée au dialogue intérieur et au mental qui sont tout deux de grands consommateurs d'énergie. Un raison de plus de légitimer le yoga -Paris qui peut nous aider à contrôler notre langue et à lui donner une liberté et souplesse supplémentaire.


Les mudras des mains

C’est aux mains qu’on attribue en général et plus couramment les mudras. Ces positions symboliques que prennent les mains chez les hindous et les boudhistes expriment une attitude spirituelle qui appartient même à notre univers collectif.

Des visualisations, des affirmations et des mantras les accompagnent en général. Ce sont des actes qui sacrent les postures et il n’est pas étonnant de les retrouver dans de nombreuses danses sacrées. Il serait fastidieux de rappeler toute la symbolique des mains pour les sociétés humaines.Reprenons ce qui disait Aristote à propos de la main, « c’est l’instrument des instruments …Ce n’est pas parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des êtres, mais parce qu’il est le plus intelligent des êtres qu’il a des mains ». Notre corps est une « machine » complexe, intelligente, puissante et nos mains, sont des émettrices et des réceptrices de cette « machine ». Elles reflètent nos pensées, nos émotions, nos états d’ouverture ou de fermeture, nos mains sont en relation avec les énergies de notre propre corps et celles de l’univers, elles établissent des contacts avec les autres, elles explorent le monde, elles protègent ou menacent, elles soignent, elles dansent, elles prient, elles parlent. Elles sont ainsi porteuses de sens.

Mais elles possèdent aussi un grand nombre de correspondances nerveuses dans le corps et nos doigts sont ainsi reliés à des organes, au cerveau, aux centres énergétiques (chakras), à nos méridiens, à nos nerfs crâniens, à nos enveloppes subtiles. Les mudras des mains dans le cadre du yoga utilisent diverses positions des doigts faisant contact et interagissant avec les méridiens favorisant une meilleure circulation de nos énergies vitales avec de nombreux bénéfices pour le corps et l’esprit. Dans l’Ayurveda chaque doigt doit correspondre à un élément de l’univers le pouce / le Feu ; l’index /l’Air ; le majeur /l’Ether ; l’annulaire /la Terre ; l’auriculaire / l’Eau.

Il faut considérer chaque doigt comme le symbole d’une énergie et la pratique des mudras, qui en sanskrit signifient aussi « le dialogue, l’échange », aspire à la collaboration de ces énergies. Les mudras permettent donc de concentrer l’énergie et la focaliser dans une direction précise pour réguler, rediriger, ré-harmoniser nos forces vitales. Les mudras des mains éveillent en nous nos capacités, notre bien-être, notre conscience. Elles harmonisent notre être individuel avec les processus énergétiques de l’Univers. Nous en avons choisi certaines qui sont fréquentes mais il y en a un multitude.


Atmanjali Mudra (Namaste Mudra)

Mains jointes sur la poitrine. Les paumes et les doigts se touchent sans pression. Le bord de l’articulation des pouces touche le creux du sternum, sur le chakra du cœur. C’est le lien entre la partie spirituelle et matérielle, entre l’énergie solaire et l’énergie lunaire. C’est la mudra de demande de remerciement. C’est un geste d’offrande ou d’hommage, de vénération. Une mudra du respect, symbole de révérence, de l’unité du corps et de l’esprit, qui nous connecte à la nature divine.

La position de l’articulation des pouces qui prend appui sur le sternum rentre en point réflexe avec le nerf vague. La résonance dans le cerveau favorise les états méditatifs. On peut rehausser les mains dans la même position à hauteur du troisième œil, au niveau du chackra Ajna pour élever l’énergie spirituelle en nous. Cette mudra favorise un état de calme, a des vertus apaisantes et anti-stress. Elle nous invite à l’humilité et au recueillement

Voir des photos : Atmanjali Mudra


Gyan ou Jnana Mudra ( main vers le haut) et Chin mudra ( main vers le bas)

La main droite pointe vers le haut (au niveau de l’épaule), et la main gauche vers le bas (au niveau de la hanche). Les paumes sont tournées vers l’extérieur, le pouce et l’index de chaque main formant un cercle. C’est le geste de la concentration, de la connaissance, de la conscience et de la sagesse. La paume tournée vers le ciel signifie l’appel à la compréhension de l’Univers : Gyan ou Jnana Mudra. La paume tournée vers la terre signifie l’appel à la compréhension du Soi : Chin mudra. C’est donc l’union de l’absolu et de l’égo (le pouce et l’index). Cette mudra a notamment des effet de stimulation sur la concentration et la mémoire.

Voir des photos : Gyan ou Jnana Mudra


Dhyani Mudra

C’est la mudra de la dissolution des illusions. Les deux pouces se joignent pour faire circuler l’énergie spirituelle en symbolisant l’âme universelle. Les mains, en général en position assise et posées dans le giron sont paumes vers le ciel posée l’une dans l’autre et forment une coupole vide. C’est d’ailleurs sur le vide qu’on est invité à méditer. En position assise, la main droite repose dans la main gauche posée dans le giron, paumes en l'air et les deux pouces s'effleurent. C'est une des représentations les plus courantes de Bouddha. En méditation, on peut revenir dans l’instant en se concentrant sur le souffle, sur la posture, sur le mudra lui-même ou sur ce qui se passe à l’intérieur du corps.

Voir des photos : Dhyani mudra


Surya Mudra (Mudra du soleil)

La pointe de l’annulaire et la pointe du pouce se touchent. Les autres doigts sont droits sans tension. Les deux mains. Mais le pouce, donc le feu, est en position de domination sur l’annulaire, donc la terre. Cela convoque ainsi l’énergie solaire. Cette mudra est utilisée pour revitaliser l’énergie, la force du système nerveux et pour améliorer la santé. Cette mudra du soleil permet de contrôler la faim et la tentation de la nourriture. Elle permettrait même de maigrir et serait préconisée dans les situations d’obésité. Ce geste permet de réguler le foie, l’estomac, ainsi que d’agir sur la peau grasse. Elle agit également sur la sexualité, renforce l’intuition, la confiance et le changement.

Voir des photos : Surya mudra


Ganesha Mudra (Poignée de l’ours)

Rappelons que Ganesha est le Dieu éléphant et que c’est l’une des divinités les plus populaires de la mythologie Hindoue.

Le revers de la main gauche est face au corps, le pouce vers le bas, la paume de la main droite face au corps, le pouce vers le haut. Les doigts sont repliés et accrochés ensemble. Les mains sont au niveau de la poitrine et tirent dans des directions opposées. La mudra travaille sur l’ouverture du chakra du cœur, la capacité de recevoir et de donner l’amour. Elle régule les problèmes respiratoires et améliore le fonctionnement du muscle cardiaque. Ce geste doit se répéter en alternant le sens des mains plusieurs cycles avec la respiration. Elle ôte tous les obstacles du chemin, écarte la crainte et encourage la persévérance.

Voir des photos : Ganesha mudra


Mudra Mukula (le bourgeon, le bouton)

Les quatre doigts de chacune des deux mains sont joints avec le pouce respectif. Les bras sont étirés, les coudes ne sont pas pliés. Les bouts des doigts joints peuvent être placés sur un endroit du corps à « traiter », comme un concentré d’énergie. Ce geste permet d’évacuer les substances toxiques accumulées dans le corps et qui encombrent nos 7 chakras. Cela aide à retrouver la force et la réactivité originelle de tout le corps.

Voir des photos : Mudra Mukula


Mudra Vajrapradama

Les doigts des mains sont croisés devant la poitrine mais ne sont pas forcément entrelacés. C’est la mudra de la confiance inébranlable. Cette mudra contribue à se sentir capable de relever de nouveaux défis et réaffirme notre force et notre croyance en une puissance supérieure. La pratique de cette mudra est recommandée dans des moments de stress, d’insécurité, de doute, de manque de confiance en soi.

Voir des photos : Mudra Vajrapradama


Lotus Mudra

C’est le symbole de l’ouverture du coeur et au divin. On doit littéralement visualiser l’ouverture d’une fleur de lotus. Mais on peut adopter la fermeture. Le déploiement des pétales du lotus suggère l’épanouissement de l’âme. Car de ses origines boueuses émerge sa beauté, c’est une promesse spirituelle bienveillante. Cette mudra facilite l’acceptation du monde extérieur et la compassion.

Voir des photos : Lotus Mudra


Prana mudra

L’élément de feu est associé à l’élément de la terre pour purifier et augmenter le prana (l’énergie vitale). Le pouce, l’annulaire et l’auriculaire se rejoignent, index et majeur tendus. Ce geste a une effet dynamisant et nous renforce. Il améliore la santé des yeux et la qualité du sommeil

Voir des photos : Prana mudra

On citera aussi Shunya ou Shuni Mudra pour calmer le mental, Shankh Mudra qui, accompagné du mantra Om, guérit les maladies et l’inflammation de la voix, Yoni Mudra qui stabilise la concentration, Ksepana Mudra pour évacuer le stress, Aadi Mudra, Brahma Mudra, le geste de la conscience omniprésente, Akini Mudra qui active l’intellect et améliore la mémoire.

L’avantage des mudras des mains c’est qu’elles sont faciles à réaliser à tout moment, qu’elles peuvent accompagner notre pratique du yoga-Paris, nos asanas, notre méditation mais aussi nombre de moments « libres » de la vie quotidienne tels que les transports, une salle ou une file d’attente, une marche… Il importe d’intégrer que chaque mudra a son sens propre, ses effets spécifiques sur lesquels il faut se concentrer et qu’il faut pouvoir visualiser.

A chaque instant de notre vie, un art de vivre.


#mudras #yogadesdoigts #mudrasdesmains

  • Facebook Social Icône
  • Icône sociale YouTube
  • Icône social Instagram

© 2018 Yoga and You

YAY BLOG

NOS STUDIOS

Studio Joseph  de Maistre

Salle JDM

44 rue Joseph de Maistre

75018 Paris

L'Annexe

1 rue Eugène Carrière

75018 Paris

Studio Cardinet

77 rue Cardinet

75017 Paris

Studio Douai

17 rue de Douai

75009 Paris

CONTACT

06 50 17 52 67

contact@yay-studio.fr

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Abonnez-vous à notre newsletter

NEWSLETTER