Les 3 corps et les 5 enveloppes (koshas)

Nous abordons dans cet article une dimension du yoga qui interpelle la science rationnelle du monde occidental et nos approches strictement analytiques.




Les « trois corps »

Nous abordons dans cet article une dimension du yoga qui interpelle la science rationnelle du monde occidental et nos approches strictement analytiques. Dans certaines traditions orientales ou dans l’ésotérisme occidental, on envisage que notre corps n’est pas « un » mais « plusieurs ». On évoque ainsi l’existence de corps subtils, d’enveloppes suprasensibles qui échapperaient à notre perception.

La pratique du yoga et sa démocratisation en occident nous confrontent donc au problème de la rencontre de deux systèmes anthropologiques de représentation du corps. D’un coté, dans le savoir yogique, un corps-esprit traversé de symboles codifiés comme les chakras par exemple et de l’autre un corps-objet que la linguistique dans le cadre de la psychanalyse parvient à décrire et donc à réduire à des structures intelligibles, un corps investi de significations fluctuantes multiples.

Dans le yoga, « le corps est la Voie » et c’est lui qui nous indique à travers ses raideurs, ses tensions, les lieux où notre énergie vitale (le prâna) devrait circuler de façon plus harmonieuse. Nos émotions et notre corps sont reliés de façon indissociable. On parle de « corps esprit ». Un corps lui même symbole en ce sens qu’il symbolise l’ambition de réunifier le corps physique ou « corps grossier » à sa dimension divine et originelle. Le corps grossier, sthula-sharira est le véhicule par lequel nous évoluons, ce corps composé d’une seule enveloppe, visible à l’oeil nu, constitué de chair, de nutriments et de nourriture, se distingue de notre corps énergétique, le corps subtil et de notre corps causal ou corps astral.

Il y a donc une dualité dans le « corps esprit » lorsqu’on s’attelle à dénouer les tensions physiques et psychiques, à déchiffrer les manifestations corporelles. Dans la philosophie du yoga on doit comprendre le ressenti corporel comme la manifestation de notre corps énergétique quand dans une approche plus analytique il sera perçu comme l’effet psycho-somatique d’un déplacement de signification.

Pour comprendre cette multiplicité des corps, il faut donc accepter l’idée que notre façon rationnelle et analytique de concevoir le corps puisse être renversée dés lors qu’on s’inscrit dans une dimension plus spirituelle tel que l’Hindouisme nous invite à le faire.

Des corps et des enveloppes

Dans l’Hindouisme on considère donc que l’Homme est constitué de Trois Corps. Un corps physique et deux autre corps plus étendus et plus subtils. Tout se construit sur le paradigme suivant : L’être humain est le vecteur d’une énergie vitale, le prana.

Nos trois corps se nourrissent les uns, les autres et se combinent autour de l’atman, l’âme, par un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur en se subdivisant en cinq enveloppes appelées kosha. On peut les décrire comme des étuis ou des formes de revêtement.

Nous trouvons ainsi :

Sthula-Sharira, le corps grossier est constitué de cinq éléments, La Terre (os; muscles), l’Eau (sang; circuits lymphatiques), le Feu (digestion; respiration), l’Air (oxygène), l’Ether ( espaces du corps, matière subtile). A ce premier corps est rattaché Anna maya kosha, l’enveloppe ou la couche de nourriture. En effet Anna, c’est la nourriture, la matière organique, c’est à dire la forme la plus grossière du prana, d’où son appellation de corps grossier.

Ce corps physique est composé des cinq organes (nez, langue, yeux, peau, oreilles) et de cinq organes spécifiques à l’action (pieds, mains, anus, sexe, bouche). Ce corps, entretenu grâce à l’assimilation de substances nutritives, est amené à disparaître puisqu’il est soumis au phénomène de sénescence, un vieillissement irréversible des tissus.

Au sens du yoga, rien ne peut se faire sans la connaissance de ce corps et de l’enveloppe qui lui est associée. Une enveloppe marquée par la prédominance de l’élément terre.

Le pratiquant obtient cette connaissance par la pratique des asanas (les postures) et du pranayama (le souffle vital). La connaissance porte sur les neufs systèmes principaux qui soutiennent le corps (les os, les muscles, les systèmes digestifs et d’assimilation de la nourriture, la circulation du sang et de la lymphe, l’appareil respiratoire, le système d’évacuation des déchets, le système nerveux composé des organes d’action et de sensibilité du corps, les glandes, les organes de reproduction) et elle est indispensable à l’évolution personnelle. On ne peut pas maitriser le subtil tant qu’on n’a pas la connaissance du corps grossier. L’enveloppe Anna maya kosha servant de véhicule à l’âme.

Sukshama-Sharira, le corps subtil, énergétique, vital. On parle aussi de corps astral. Il comprend  trois enveloppes. La première est Prana maya kosha, la couche d’énergie vitale qui est le corps des techniques respiratoires et des énergies des cinq sens (odorat, goût, vue, toucher, ouïe). C’est là que se situent nos chakras et les nadi, les canaux de circulation vitale.

La seconde est Mano maya kosha, la couche du mental inférieur qui siège dans le cerveau et contrôle les informations reçues. Notre ego distordant notre pensée, l’opacifiant, le yoga nous aidera à la contrôler pour la canaliser de façon positive et nous débarrasser des désordres intérieurs que l’ego génère.

La troisième est Vijnana maya kosha, la couche du mental supérieur. Elle assure la liaison entre la perception et la révélation de l’intelligence intuitive située de façon symbolique dans la région du coeur. L’intelligence intuitive ayant pour atout de nous aider à dépasser un ego trop souvent contraignant et limitatif. Le mental entraine la confusion, parvenir au lâcher-prise c’est emprunter la voie de la libération.

Le corps subtil permet une véritable lecture de notre état de santé car il importe de bien saisir que l’on considère les maladies et leur traduction physique comme l’empreinte de nos déséquilibres énergétiques, l’enregistrement de l’ensemble des perceptions éprouvées. Eveiller notre corps subtil par le prana (énergie vitale) revient à relier nos différents chakras en les associant aux innombrables nadi qui parcourent l’organisme et que notre médecine occidentale peine à concevoir tant ils se distinguent des chemins anatomiques que nous connaissons et sommes en mesure d’observer (veines, artères, nerfs, canaux lymphatiques).

Karana-Sharira, le corps causal est un corps plus spirituel. Il se cache au centre de la structure humaine. C’est le cinquième kosha, Ananda mya kosha, la couche de félicité, de joie. Pour l’atteindre il faut se situer dans des états de parfait équilibre énergétique mais le sommeil profond et la méditation sont des chemins très utiles pour pénétrer ce corps qui dans l’hindouisme prend toute sa mesure puisqu’il conduit vers la paix intérieure.

Ce chemin spirituel est parfaitement illustré dans la tradition indienne par la fleur de Lotus qui est particulièrement porteuse de sens puisqu’elle symbolise cette multiplicité des corps et des koshas. Elle s’enracine dans la boue (terre) Elle dresse sa tige à travers l’eau (eau) Elle s’élève vers le soleil (feu) Elle épanouit sa corolle de pétales blancs dans l’air (air) Elle s’ouvre dans toute sa magnificence vers le ciel (éther)

De même  qu’une plante a besoin de terre, d’eau, de chaleur, d’air et d’espace pour vivre, l’être humain a besoin de tous ces éléments pour révéler la vraie nature de l’Homme. On retrouve cette fameuse colonne d’énergie qu’est le Kundalini et que nous avions abordé dans un précédent article. Lorsque cette énergie puissante de nos instincts maitrisés, cette énergie psychique, est proprement éveillée et canalisée, elle porte la conscience individuelle jusqu’à son union (ou Yoga) à la Conscience Infinie.

Pourquoi cette prise de conscience de la multiplicité de nos corps et de nos enveloppes est elle fondamentale? Parce qu’elle porte toute la finalité du yoga -Paris et de la pensée indienne qui cherche à trouver la présence de l’infini dans le fini, de l’éternel dans le temporel. Notre seul corps physique, aussi indispensable soit-il ne prend sens que dés lors qu’il est appréhendé comme une première enveloppe en dessous de laquelle se révèle une réalité ultime qui nous invite à établir une correspondance avec les éléments du cosmos. Cela à condition que nos énergies circulent harmonieusement dans nos tissus et à travers nos cinq koshas.

Le yoga _ Paris tant dans les diverses postures qu’il propose que dans l’importance qu’il accorde à la respiration, la concentration ou la méditation, permet non seulement d’agir en profondeur sur ces divers corps, mais de surcroît nous invite en pleine conscience à être totalement dans le présent.

Evidemment la connaissance de ces corps et des ces enveloppes est un apprentissage d’une grande complexité et la pratique du yoga fait sens au delà de cette connaissance mais il importe de ne jamais oublier que le yoga n’est pas réductible à la seule pratique d’exercices physiques ou de respirations, il est l’héritage d’un savoir millénaire qui porte une grande spiritualité et nous invite à nous unir à l’Universel, à rechercher l’état de conscience absolue, de conscience pure, l’Atman, le vrai Soi.


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