Choisir son yoga, avant tout la voie du bon sens

Mis à jour : mai 11


Les béotiens qui découvrent le yoga sont parfois déconcertés par la diversité des pratiques existantes et ils ignorent souvent vers quel yoga ils doivent se tourner. Même si l’idée d’adopter le yoga dans sa vie est en déjà soi une bonne décision, il est légitime de s’y perdre.


Il existe de nombreuses écoles de yoga à Paris et chacun peut trouver une voie dans le yoga qui réponde à ses aspirations personnelles, à sa tonalité. La dimension spirituelle du yoga peut être totalement intégrée dans la pratique comme elle peut ne pas l’être.


Les bienfaits du yoga difficilement contestables conduisent souvent à modifier notre rapport au corps et au monde et finissent par induire assez naturellement que le yoga porte ontologiquement sa part de spiritualité.


C’est ce que reproche souvent les puristes à certaines écoles de yoga, accusées de concentrer la pratique sur le physique sans tenir compte ou enseigner la dimension émotionnelle.


Pour Danielle Greenwell, doctorante à Drexel University aux États-Unis et auteure d’une thèse consacrée à la "consommation du yoga" publiée en 2017 [1], le yoga s’est transformé en "pseudo-religion centrée sur les abdominaux et le bonheur en toutes circonstances. Ses adhérents sont censés être les parangons de la santé et de la prospérité".


Le yoga traditionnel


Le yoga traditionnel est théoriquement un chemin vers l’éveil, il s’agit d’atteindre une forme d’unité, avec soi et l’Univers, mais on voit bien que dans la culture occidentale par exemple, les exigences d’ascèse qu’il sous-tend sont difficiles à intégrer sinon de se mettre hors du champ social. Dès le XIXème certains maitres yogi sont partis aux États-Unis pour essaimer le yoga, où il a été adopté par des stars d’Hollywood comme Marylin Monroe et Greta Garbo. Dans les années 1960, des versions simplifiées du yoga ne nécessitant pas d'abandonner la vie moderne ont commencé à apparaître dans les années 70 notamment avec des yogis comme B. K. S. Iyengar. La Californie et sous l’impulsion du guru Yogananada, est très vite devenue la Mecque du yoga outre Atlantique. Le yoga n’est d’ailleurs pas à cette époque marquée par la dimension physique, il est plus axé sur la méditation qui est théoriquement l’un des fondements de la pratique.


Le yoga contemporain


Les formes contemporaines de sa pratique comme le vinyasa ont indéniablement popularisé le yoga en occident et c’est aujourd’hui une pratique qui s’est fortement démocratisée. Marie Kock, professeure de yoga et journaliste, auteure de "Yoga, une histoire-monde." (La Découverte, 2019) parle "d’une grande contamination positive, d’une épidémie de la guérison".


Preuve de sa forte popularité, le 21 juin est désormais déclaré Journée internationale du yoga, une journée mise en place par les Nations Unies et célébrée par les 193 pays membres, dont la France. Le premier ministre indien, Narendra Modi, lui-même yogi discipliné a fait un gros travail de communication pour obtenir cette reconnaissance. Même le très sérieux Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, s’est autorisé lors d’une visite à Delhi une asana (posture de l’arbre, en équilibre sur une jambe). La diffusion du yoga - Paris dans le monde par les indiens est d’ailleurs parfaitement volontaire et le yoga est considéré par certains comme un « soft power » cachant une volonté politique qui permet de véhiculer l’identité hindoue et sa philosophie.


Il est vraisemblable que du fait du déclin des pratiques religieuses, le déficit de spiritualité a ouvert un boulevard au yoga. L’association du corps et de l’esprit, la dualité physique et spirituelle de chaque son, chaque posture, composent une parfaite partition pour celui qui est en recherche d’une quête de croyance, ou en tout cas de recherche de sens en dehors des courants religieux monothéistes. Le yoga en occident rentre en parfaite correspondance avec l’aspiration au bonheur et à un monde meilleur qui fait recette dans les pays riches. Il est en adéquation avec les préoccupations environnementales, alimentaires et peut nous aider à mieux absorber le stress de la vie moderne. Le principe des retraites de yoga où l’on est invité très souvent à se reconnecter avec la nature l’illustre parfaitement. Prendre soin de soi, du groupe, de « l’Univers ». Cette conscience partagée tend à générer « des adeptes » du yoga et le sentiment d’appartenir à une communauté yogi au sens non sectaire du terme, participe sans doute de fédérer les pratiquants.


Le yoga se partage, se conseille, mais il doit correspondre à soi. Comme il s’est adapté à notre culture, ses déclinaisons nombreuses permettent de trouver « son yoga ». Cette diversité du yoga-Paris initiée par la diversité des maitres qui l’ont enseigné, n'est pas un signe de faiblesse ou de dissension entre diverses chapelles, mais plutôt une réponse à l'infinie diversité des attentes de chacun. Et c’est sans doute la force du yoga. Le principe de la non-violence – ahimsa, qui préside à sa pratique, invite avant tout au respect de soi. Le yoga n’est pas fait pour se blesser, il nous invite à être conscient de nos limites, il nous aide à les dépasser sans souffrance. Selon l’âge, selon son rapport au corps, sa sportivité, on cherchera une pratique plus ou moins dynamique.


On aura tendance souvent à considérer le hatha yoga comme un yoga plus doux, le vinyasa plus physique. Or, l’un comme l’autre, peuvent se pratiquer de plusieurs manières. Si le hatha semble le plus répandu, les pratiques nous l’avons dit sont multiples. Elles empruntent plus ou moins aux enseignements traditionnels auxquels appartient le hatha.


Bien choisir son cours de Yoga


Il faut bien choisir son cours, savoir ce qu’on recherche et après tout, le yoga dans sa dimension physique, si on devait se tourner vers une approche exclusivement « sportive », comporte en soi des bienfaits qu’on ne peut négliger. Il serait cependant réducteur de passer à côté de ce que le yoga porte d’essentiel dans sa part méditative.


Ashtanga, vinyasa, hatha, raja, lyengar, kundalini, karma, bhakti, jnana, kripalu mais aussi des formes plus contemporaines comme le bikram, le power Yoga, etc, les « écoles » de yoga sont donc très variées mais elles proviennent toutes d’une histoire commune étroitement liée à celle de la civilisation indienne aux origines millénaires. Elles ont toutes de nombreuses correspondances et vouloir scinder strictement ashtanga, vinyasa ou hatha n’a que peu de sens si l’on considère que les écoles sont apparues au cours de l’histoire au gré des nouveaux maitres, des gurus, des saintes de la civilisation indienne et que ces diverses écoles relèvent en fait toutes d’une histoire séculaire qui a édifié cette discipline. Il y a eu d’abord des ouvrages majeurs, les upanishads, les sutra de Pantanjali, La Baghavad Gita qui ont dessiné l’arborescence du yoga.


Le yoga est une partie de l’un des six systèmes philosophiques majeurs de l’Inde et on en trouve trace écrite dans les upanishad dès le 7ème siècle avant Jésus-Christ. C’est entre le 2ème siècle avant et 5ème après Jésus Christ que Patanjali aurait construit la structure philosophique du yoga dans sa forme classique. Si l’on veut simplifier, et c’est une gageure tant la tradition philosophique indienne et le yoga qu’elle contient sont ardus, quatre voies traditionnelles majeures peuvent résumer les directions à prendre. Il est possible de les suivre simultanément ou séparément. Les trois premières voies, qui forment le trimarga ou « voie vers l’éveil », comportent :


  • Le jnana yoga la voie d'un yoga dont le but est d'atteindre la connaissance transcendante ;

  • Le bhakti yoga, la voie d'un yoga de dévotion ;

  • Le karma yoga, la voie d'un yoga de service et d'action désintéressée.


Vient ensuite le raja yoga, appelé aussi yoga « intégral » ou « royal », une voie de yoga s'inspirant des yoga sutra de Patanjali, une voie de yoga qui procède essentiellement par la méditation, dhyana. Le hatha yoga dont on trouve les premières traces dans le hatha yoga pradipika, appartient à cette voie et c’est en quelque sorte le liant avec les trois précédentes voies ou marga.


Le hatha yoga est aujourd’hui très populaire en occident mais dans sa forme actuelle, il est très souvent éloigné de sa version traditionnelle qui octroie théoriquement beaucoup de place à la méditation et au spirituel. Aborder le yoga selon les traditions ancestrales, c’est donc suivre des voies diverses et évoluer en fonction du chemin suivi, de l’extérieur vers l’intérieur dans l’atteinte du but suprême, le samadhi. Un tel but intéresse rarement les débutants car cela suppose déjà une pratique avancée mais il importe d’intégrer dans sa pratique cet aspect fondamental. Il s’agit de ne pas « consommer du yoga » mais d’être yoga, en état de pleine conscience. Quand on débute, tous les yogas sont donc possibles, certains cours vous proposeront du yoga plus dynamique, d’autres plus doux, mais l’important est de trouver sa propre correspondance, les professeurs qui vous mettent en confiance, qui vous guident vers une pratique respectueuse du corps et vous donne le goût de l’exploration des voies.

[1] Les échos / Comment les studios de yoga ont conquis l’Amérique


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