• Alexandra JOY

Celui qui deux fois de l’Amour est né de Alexandra JOY, un roman d’aventures autour du yoga !


Pris dans un complot qui menace le Royaume, au sein d’un ashram, de jeunes élèves doivent déjouer les obstacles et résoudre le mystère qui plane sur la plus illustre des écoles du yoga grâce aux enseignements qu’ils reçoivent.

« Lorsque j’ai décidé d’écrire ce roman, mon souhait était celui de partager des enseignements sur les postures de yoga, les exercices de respiration, l’alimentation, la méditation, la vie yogique et la philosophie du YOGA au sein d’un ouvrage léger, facile à lire et plein de suspens. » Alexandra Joy.

Pour plus d’informations et commander le livre : https://alexandrajoy.fr/livres/

CHAPITRE 1

Elle courait, poursuivie. Les branchages mettaient le bas de ses jupes en lambeaux et ses sandales lui lacéraient les pieds. La campagne lui semblait interminable. Les champs s’étalaient à perte de vue et, au loin, luisait la lumière qui pour elle représentait l’espoir : le village. Elle était en sueur. Hors d’haleine. Il n’y avait pas une minute à perdre. À tout moment, ils pouvaient la rattraper. Elle et l’enfant. Il fallait fuir et vite. Bien sûr, elle s’était préparée à leur venue, mais leur célérité l’avait surprise. Elle pensait qu’elle avait du temps devant elle. Du moins, c’est ce qu’elle avait souhaité. Elle s’était imaginé flâner encore quelques jours avec l’enfant et profiter du soleil brillant, de la rivière fraîche et de la présence apaisante de l’Arbre. Mais, ils étaient arrivés plus tôt et maintenant ils étaient à ses trousses. Ils ne tarderaient pas à retrouver sa trace, alors, elle n’avait pas le choix. Elle devait à tout prix rejoindre le village avant qu’il ne soit trop tard. Ses pieds se prirent dans les ronces si bien qu’elles griffèrent sa peau fine. Les jambes écorchées, elle trébucha, mais ne s’arrêta pas. Il fallait atteindre le bourg. C’était sa seule chance.

Derrière, tenu par la main ferme de sa mère, l’enfant faisait de son mieux pour suivre le rythme qui lui était imposé. Les feuilles lui frappaient le visage et ses pieds ne touchaient le sol qu’un pas sur quatre. Il lui semblait voler. Dans l’obscurité de la nuit tombante, l’enfant ne distinguait rien. Que se passait-il ? Il n’avait jamais vu sa mère dans un tel état. Il avait peur.

Enfin, la mère et l’enfant pénétrèrent dans le village. Se mouvoir devint plus aisé. Les membres engourdis par les kilomètres déjà parcourus, la mère, qui donnait jusque-là la cadence, ne ralentit pourtant pas. Elle s’engagea dans la rue principale. Tout était désert. Il était tard et, ces temps-ci, personne n’osait s’aventurer à l’extérieur après la tombée de la nuit. « Encore quelques mètres, se dit-elle, ensuite il faudra tourner en direction du temple. »

L’enfant avait mal au bras, le rythme que lui dictait sa mère était au-delà de ses forces. Sous ses yeux fatigués défilait le village. C’était inédit, presque jamais sa mère ne venait ici. À vrai dire, il était rare qu’elle sorte de la forêt où elle vivait. Cela ne s’était produit qu’une fois et l’enfant avait le vague souvenir d’une cérémonie, d’une foule attroupée autour d’un feu et d’un jeune homme déclamant quelques vers tout en dessinant sur le sol.

Désormais, sa mère avait tourné en direction de la place centrale. Elle remontait à présent la colline qui menait en haut du village, là où le point de vue englobait toute la campagne environnante. L’enfant était toujours balloté derrière elle. « Quelques pas encore et c’est l’arrivée ! Nous serons alors hors d’atteinte, enfin, presque… pensa-t-elle ». Devant la porte de la petite maison bleue, elle s’arrêta et regarda son enfant. « Cinq ans déjà... pensa-t-elle furtivement ».

Elle ravala un sanglot et, dans un grand effort, réprima la tristesse qui lui déchirait le cœur. Elle s’agenouilla, les membres douloureux, et enlaça le petit corps frêle du plus fort qu’elle put. Joue contre joue. Et, dans un instant qui resta suspendu comme une éternité, les battements de leurs cœurs respectifs résonnèrent à l’unisson. L’enfant ne dit rien. Toujours sans rien comprendre à ce qu’il se passait, il dévisagea sa mère la gorge nouée et les yeux lourds. C’est alors qu’elle lui tendit un morceau de papier. Elle lui demanda de le tenir bien fort.

— C’est précieux, lui confia-t-elle.

L’enfant glissa la feuille dans la paume de sa main qui se referma avec une vigueur qui fit sourire sa mère.

— Tu es plein de ressources, murmura-t-elle.

Encore un long regard échangé et, sans prévenir, sa mère, plus rapide et agile qu’un félin, se leva et frappa à la porte de bois vieilli trois coups qui résonnèrent loin dans le village endormi. Puis, tel un chat sauvage, elle disparut s’engouffrant dans les fourrés de l’autre côté de la rue. L’enfant ne quittait pas des yeux le buisson qui avait englouti sa mère. Il ne bougeait pas. Il ne disait rien. C’est alors que la porte de la maison s’ouvrit, laissant apparaître un homme à l’embonpoint prononcé, aux cheveux poivre et sel et aux yeux doux. Il baissa son regard endormi sur le perron. Ne distinguant pas très bien ce qui s’y trouvait, il plissa davantage les yeux. Réalisant enfin qu’il s’agissait d’un enfant, il s’accroupit.

— Mais qui es-tu mon petit ? Que fais-tu là ? Es-tu seul ? dit-il d’une voix affectueuse tout en balayant du regard les alentours comme à la recherche d’indices qui lui permettraient de comprendre la situation.

L’enfant restait muet et immobile. Remarquant son épuisement et les légers soubresauts que lui causaient à présent la fraîcheur de la nuit, l’homme se redressa l’invitant d’un geste amical à entrer dans la maison. C’est à ce moment qu’il aperçut que l’enfant serrait quelque chose dans la main. Il prêta davantage attention et, sensible comme un jeune animal, l’enfant, qui avait perçu son intérêt, ouvrit d’un geste vif sa paume jusqu’alors recroquevillée laissant ainsi apparaître le mot que sa mère lui avait laissé. L’homme déplia la feuille. Il écarquilla les yeux, et, se relevant brusquement, il fit un pas rapide à reculons qui manqua de le faire choir sur le plancher. Sur le petit papier, d’une main hâtive avaient été inscrits quelques mots qu’il ne connaissait que trop bien. C’était le présage : « Le noir viendra obscurcir le ciel, mais celui qui deux fois de l’Amour est né le dispersera. Le sang sera purifié par le même sang ». Il fut pris de stupeur. Tant d’années étaient passées depuis qu’il avait entendu ces paroles pour la dernière fois. Pourtant, il reconnut aussitôt le signal et il sut parfaitement quel était son devoir. Après tout, il y a bien longtemps, il avait fait une promesse…


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